présente:
E G Y P T E
aux origines de l'art et de l'histoire
deuxième partie (1/2)
L'Égypte fut la première grande civilisation à vouer un culte aux animaux. Cet aspect de l'âme égyptienne provoqua l'étonnement des Grecs, la cruauté des Perses, les sarcasmes des Romains, et les railleries indignées des Pères de l'Eglise. Cette zoolâtrie incomprise s'était formée, de façon obscure, bien avant 3000 av. J.C. Les Égyptiens voyaient dans les animaux bien plus que des emblèmes ou des symboles. Les bêtes méritaient d'être soignées et adorées, étant le réceptacle même des formes, bonnes ou redoutables, de la puissance divine. Dans chaque ville, de toute éternité, le dieu tribal s'incarnait dans une espèce protégée par tabou : bovin, mouton, chien, singe, hippopotame, crocodile... Parfois, un animal particulier, reconnaissable à certains signes, trônait dans les temples. Ainsi, le boeuf Apis, qui était un taureau, avait pour confrère Mnevis à Heliopolis, et Boukhis à Hermonthis. Tantôt, plusieurs représentants de la race étaient hébergés et nourris, comme les sauriens de Crocodilopolis, ou les singes et ibis de Hermopolis. L'aménagement de tels parcs zoologiques, garants surnaturels de la vie locale, était de règle à la Basse Epoque, oò la zoolâtrie nationale prospérait avec d'autant plus de virulence que les Barbares la méprisaient.
C'était le temps oò, nous dit Hérodote, "un Egyptien laissait brûler ses meubles, mais exposait sa vie pour tirer un chat du brasier". C'était le temps ou un citoyen romain était lynché par la foule pour avoir tué un chat. Et c'est essentiellement de cette période que nous viennent les innombrables momies de bêtes en tout genre. Soigner les animaux, qu'ils soient consacrés, familiers, ou trouvés, était un devoir dont on se vantait en ces termes :
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