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IIssu de l'Ecole de Dakar, Fodé Camara a tout de suite cherché à créer une plastique originale à partir d'une "négritude" si chère au Président Senghor. Mais contrairement à ses ainés, il n'a jamais connu la brousse et l'ambiance des villages. Son univers, c'est la ville où il est né et a toujours vécu. C'est donc dans ce décor qu'il va puiser ses premiers sujets, comme les "cars rapides" au milieu des années 80. Ces mini-bus aux couleurs bleu-blanc-jaune sont un élément incontournable de la vie dakaroise. Transportant quotidiennement des milliers de personnes, ils sillonnent inlassablement la capitale sénégalaise, chargeant et déchargeant un flot ininterrompu de voyageurs: une foule anonyme où malgré le bruit et la promiscuité, l'individu semble être seul derrière sa petite fenêtre, comme isolé dans un autre monde. Les couleurs sont comme tamisées par la poussière et la vitesse. Car le "car rapide" s'arrête rarement. Vivant au rythme de la ville, il s'attrape au vol et malheur à qui manquerait d'agilité pour en descendre. Mais qu'importe. Déjà, il repart pour sa course folle et le jeune garçon agrippé à l'extérieur hurle le nom du prochain arrêt.
Cette oeuvre a été exposée à la Fondation Tapies - Barcelone ( 2-4 / 94 ), au Center for Fine Art - Miami ( 5-7 / 93 ), au Ludwig Forum - Aachen - Allemagne ( 8-10 / 93 ), à Tate Gallery - Liverpool ( 5-8 / 94), au Museum for African Art - New York (1991). |
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