présente:
ROIS D'AFRIQUE
première partie (1/3)
Photographies de Daniel LAINÉ
|
En 1983, de passage à Ouagadougou, un ami vint un matin pour
m'annoncer la mort de l'Empereur des Mossi, le Moro Naba. Pour toute personne connaissant
le Burkina Faso, le Moro Naba est un élément incontournable de la société de ce pays. De son
palais, installé au centre de Ouagadougou, il règne traditionnellement sur les différents
royaumes qui composent l'empire Mossi. Loin d'être une simple réminiscence d'un lointain
passé, l'Empereur est toujours à l'heure actuelle, un important centre de pouvoirs occultes.
Pendant plus de dix jours, je suivis les cérémonies
d'inhumation de l'Empereur défunt, et l'intronisation de son successeur. Je fus frappé à
l'époque, de croiser des personnes semblant très impliquées dans la société traditionnelle
Mossi, et dont j'apprenais par la suite, qu'elles occupaient en temps ordinaires d'importantes fonctions administratives ou gouvernementales. Le continent africain est souvent le thêatre de ce genre de contraste. Des univers parallèles s'y chevauchent en permanence, et rendent l'analyse difficile pour un observateur extérieur.
Il existe encore plusieurs centaines de monarques sur
ce continent. Si nombre d'entre eux sont relégués au rang de curiosité touristique, d'autres détiennent encore d'importants pouvoirs traditionnels et spirituels. Issue de dynasties
qui ont marqués l'histoire de l'Afrique jusqu'au milieu du XXe siécle, ils sont la sources
de pouvoirs souterrains avec lesquels les gouvernements doivent composer.
Cependant, pour certains africains, ils sont la honteuse
incarnation de l'échec de systèmes archaïques, face à la colonisation occidentale. On
leur reproche leur conservatisme tribal, qui bloque le passage des sociétés traditionnelles
africaines vers des états modernes.
|
|