Henry Munyaradzi

Plus simplement connu sous le nom de "Henry", il est un des plus célèbres sculpteurs du Zimbabwe. Son nom signifie "celui qui réconcilie, qui apporte la paix". Eduqué dans la tradition shona de son père, il hérita de certains talents de médium. Mais son éducation traditionnelle se fit aux dépens de toute autre formation. Henry était entièrement autodidacte et il parlait très mal l'anglais. Né en 1931, il fut successivement garçon-vacher, apprenti-charpentier et ouvrier agricole dans diverses exploitations. Ce n'est qu'à l'âge de 36 ans qu'il découvre, par hasard, le travail de la pierre, au contact de la communauté de Tengenenge créée par un fermier blanc, Tom Bloomfield. Intéressé par la matière, mais n'ayant aucune base technique, Henry Munyaradzi ne tardera cependant pas à devenir une des vedettes de cette communauté de sculpteurs. Son style, la pureté de ses lignes et la rigueur de son travail, entraîneront l'ancien ouvrier agricole à exposer au Musée d'Art Moderne et au Musée Rodin de Paris, à Londres, à New York, à Sydney, à Francfort... En tout 70 expositions, jusqu'à sa participation à la Biennale de Venise en 1992 et à l'exposition des "Magiciens de la Terre" au Centre Beaubourg à Paris. Henry est mort dans sa ferme, en avril 1998, à l'âge de 67 ans.







John Takawira

Issus du monde paysan, les frères Takawira, John, Bernard, et Lazarus, sont tous trois devenus sculpteurs. John, l'aîné, fut le premier à entrer en contact, dès l'âge de 20 ans, avec l'univers de la pierre. Cette rencontre eut lieu grâce à son oncle, Joram Mariga, le premier "élève" de Frank Mc Ewen. En 1961, John intègre la communauté de Vukutu, atelier en plein air créé quelques années auparavant par Mc Ewen. Les frères Takawira ont passé leur enfance avec leur mère qui les a beaucoup marqués. Cette maîtresse-femme, gardienne des traditions shonas, a laissé une empreinte indélébile sur tous ses fils. Mais c'est dans l'oeuvre de John que sa présence est la plus visible. A l'image d'une mère à la forte personnalité, le sculpteur, dont la femme est un des thèmes de prédilection, la représente parfois fière, en colère, timide, et avec un cou interminable qui la rend inaccessible. John Takawira est mort en novembre 1989. Ses oeuvres se trouvent dans les plus grandes collections contemporaines, comme celle du Prince Charles d'Angleterre ou des Rockefeller.







Bernard Takawira

Comme son frère John, Bernard Takawira a commencé à s'initier à la sculpture dans la communauté de Vukutu, créée par Mc Ewen. Mais étouffé par la puissance créative et l'aura de son frère, il préféra dans un premier temps s'écarter de la pierre pour se consacrer à des études d'agronomie. Jusqu'à l'indépendance, il est conseiller agricole et ne sculpte plus que pendant ses loisirs. Mais en 1980 il se décide finalement à reprendre sérieusement le marteau et le burin pour explorer des voies personnelles, d'où sont exclues toutes compromissions. Rejetant les clichés ethniques, il s'attache à développer une esthétique moderne, où, seul le respect de la matière, peut éventuellement évoquer la culture shona. Bernard Takawira fut plusieurs fois récompensé par le premier prix de la "National Gallery" de Harare. Il a participé à de nombreuses expositions internationales. Il a également enseigné la sculpture à de nombreux jeunes artistes, dont son frère Lazarus et Norbert Shamuyarira. Bernard Takawira est mort, à 52 ans, en juin 1997.







Brighton Sango

Né en 1958 à Guruve, Brighton Sango fait partie des sculpteurs du Zimbabwe de la deuxième génération. Initié à la sculpture par Bernard Matamera à Tengenenge(comme Henry Munyaradzi), Brighton Sango représente un des paradoxes de la sculpture contemporaine du Zimbabwe. Son oeuvre est entièrement abstraite: seules les masses et leur équilibre semblent avoir intéressé le sculpteur. Les mythes shonas ont été remplacés par un "cubisme original" qui ne doit rien à une quelconque tradition ethnique ou culturelle. Travailleur solitaire et tourmenté, Brighton a, lui aussi, répudié l'étiquette "sculpteur shona" qu'il se refusait à porter. Il s'est suicidé, en mai 1995. Il n'avait pas 37 ans.







Bibliographie

Zimbabwe Stone Sculpture - Marion Arnold - Bulawayo, 1986
Myth and Magic, the art of the Shona of Zimbabwe - Joy Kuhn - 1978
Shona Sculpture - Fernando Mor - Harare, 1987
Life in Stone - Olivier Sultan - Baobab books - Harare, 1992
Stone Sculpture in Zimbabwe - Celia Winter-Riving - Roblaw Publisher - Harare, 1991